Nous suivons et diffusons chaque jour depuis plus des années l’actualité des sans-abri quelle que soit leur nationalité, des squatteurs et des mal-logés.

Rien ne vient des politiques nationales et localement nous en sommes à recevoir des miettes.

L’accès au logement demande un long temps qui nous épuise un peu plus chaque jour et nous assassine.

La liste des Morts de la rue est-elle notre seule issue pour en sortir ?.

Certains sortent de la rue pour rejoindre la cohorte des mal payés, des mal nourris. Ils restent fragiles et peuvent, au moindre incident, revenir à la rue, y retomber.

C’est toute la chaîne du logement et de l’hébergement qui est défaillante, mal pensée. Ça fait des années que cette situation dure et coûte pourtant un fric fou.

Le fric. Il y en a du fric, pour des gabegies, des rallyes automobiles qui enrichissent des coureurs riches, des ronds points, des ponts sans route, des routes payantes, les commerçants, les grands patrons, le cac 40, les résidences secondaires, les illuminations, les éco-quartiers réservés, les sapins de noël, …

Mais comment les miettes consacrées au « social »  sont-elles vraiment utilisées ? Ou est le sens du mot collectif ? C’est quoi la collectivité ? Ou va t-il ce fric ? Qui le contrôle ? …

Il existe une myriade de dispositifs, de commissions et rien ne fonctionne. Le fric file toujours ailleurs et nos vies avec lui.

La sémantique est-elle aussi détournée pour devenir folle. Plus rien n’a de sens profond.

Nous cherchons la source de l’humain, de la solidarité, de l’amitié, de la fraternité. En vain.

Ceux qui représentent les lois sont les premiers à les bafouer chaque jour et a les détourner pour le profit de quelques-uns. Ces quelques-uns nommés selon le cas : français, peuple, peuple de France, citoyens, habitants, …  Il s’agit bien de nous tous et pourtant nous savons que nous en sommes exclus…

Nous sommes citoyens et habitants, nous sommes du peuple.

Oui, nous aussi nous habitons.

Habiter sans les habitudes qui vous habitent. Notre différence à habiter est là. Elle est dans une pensée différente.

Pour vous habiter c’est un lieu et sa clef, vous tournez un bouton et la lumière nucléaire s’allume, vous tournez un bouton, eau chaude ou froide, c’est simple, c’est facile. Vous habitez votre frigidaire et toute sa bouffe entassée. De quoi vos garages et vos caves sont-ils remplies?. Vous habitez une succession de gestes, de tics répétitifs, d’habitudes.

Nous habitons les villes !

Le moindre coin, recoin, abri de fortune que vous abandonnez un temps aux sans fortune.

Hier, en ville, un coin d’immeuble a été nettoyé des sans-abris et de toutes leurs affaires. Les tourists peuvent arriver.

Trois personnes ont perdu leur coin, leur habitat.  Qui a remarqué cela ? L’élu en campagne pour le pouvoir, se demande t-il où sont passés ces trois habitants ?.

Nous ne crions pas au loup, nous n’avons ni grands mots, ni grandes phrases. Nous ne passons pas nos soirées à refaire le monde en buvant, en fumant, en musiquant, bien au chaud. Nous n’avons pas de projet révolutionnaire.

Mais la révolution c’est nous.

Oui, nous sommes la révolution, concrète et palpable. N’est-ce pas là que se cache la raison de vos rejets ?.

Nous refusons dans nos chairs ces discriminations ordinaires que vous nous faites subir, que vous nourrissez, en vivant sans changer radicalement votre pensée. Vous êtes dans une perpétuelle contradiction que vous refusez de voir. Vous vivez entre-vous, bien serrés, en ne laissant aucune place aux réels changements.

Nous sommes la révolution, car la peur nous a quitté. C’est le commencement.

 

 

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