Il y a des jours qui ne devraient pas être. Tu te lèves en forme, heureuse, tu t’actives. Cette énorme vaisselle pourrissante dans l’évier disparaît, la lessive qui traîne disparaît dans la foulée, du rangement. Et puis, tu passes à l’écriture. Un petit texte, une marmonerie qui doit absolument être extirpée de toi. Tu ne cherches pas la cohérence, il n’y en a pas, tu craches ton petit paquet. Tu es au paradis, dans le jardin, le soleil te caresse. Le petit déjeuner arrive ; tant de tendresse dans cette divine crêpe, le jus d’orange pressé. J’ai fait une photo. Quelques mots échangés, une plaisanterie, la relecture de ce texte. C’est fou, 8 heures de délice sont passées… Soudain, alors que le soleil monte à son zénith, alors que tout ton corps s’accorde avec ton esprit pour la détente, l’orage explose. JE, est devenu celle à abattre, à humilier, à écraser. Je dis trop, je dis mal, je suis trop et mal. JE, est devenue celle dont on se tient éloigné, la mise à l’écart, INVISIBLE, à l’autre bout, tenue loin. Je pars dans le silence du moi. Je me tais. J’attends de pouvoir prendre le large avec l’idée obsédante de « remplir mes obligations », éviter de répandre ce mal de l’autre autour de moi. J’attends de pouvoir disparaître.

Adrien m’a dit qu’il y avait chez les gens ce mépris qui reste, celui de ce JE, celui d’avoir été une sdf. Moi, je veux échapper au monde tel qu’il est.

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