Hier soir après une paella vertigineuse, un régal, alors que nous discutions tranquillement, nous avons constaté que « chez Papy » avait la visite envahissante de familles. En fait elles attendaient la maraude pour un hébergement.
Pourquoi n’êtes-vous pas à la gare ? Que faites-vous là ? Pourquoi venir « chez » les personnes sans-domicile, là où elles devront passer la nuit sans solution ?. Finalement elles sont allées attendre place Kléber, de l’autre côté du passage à Papy et Jipé.
L’heure tournait, il était plus de 20 heures et les enfants commençaient à s’énerver à attendre dans le froid et le vent, ils criaient et pleuraient. Un peu agacés et inquiets, nous avons fait le 115.
L’écoutant nous a dit que la maraude avait donné ce rdv là, qu’elle était à Schiltigheim et qu’il lui fallait le temps d’arriver. En attendant nous avons discuté avec eux. Papy à offert les parts de tarte au fromage aux enfants qui se sont calmés en dégustant.
Peu après 21 heures la maraude des Restos du Coeur est arrivée. Une camionnette et une voiture, quatres personnes. Jeunes et très agréables.
Le repas proposé n’était qu’une soupe plutôt palichonne et du café.
Pendant que trois discutaient servaient, prenaient des nouvelles, une jeune femme s’occupait de noter les noms pour ensuite trouver une place d’hébergement. Les familles en priorité, puis les trois femmes isolées et les hommes. Nous avons attendu, lorsque les familles et les femmes ont obtenu une place nous sommes retournés dans le passage.
Quelle ne fut notre surprise de voir la camionnette s’arrêter près du passage après, car toutes ne le font pas. Papy les a accueilli en leur expliquant que nous avions très très bien mangé, grâce aux jeunes du CSC Hoenheim et que nous n’avions besoin de rien. Ils ont quand même pris le temps d’échanger quelques mots et de voir si tout le monde allait bien. Bref, en plus de sympathique, une bonne équipe ! Ils sont partis vers la gare pour continuer leur tâche.
Même si les familles ont plus de chance d’avoir une place en hébergement que n’importe qui, même si tous avaient mangé au restaurant, même si leurs vêtements étaient de marques, nous nous sommes demandés ce que ça faisait d’être un enfant et de grandir avec cette incertitude du couchage, cette attente de la maraude chaque soir…  Et ce matin, ils se lèvent de bonne heure pour devenir des écoliers comme les autres ?!
Mô Maitte – sdf Alsace

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