Il y a beaucoup de gens à la rue, des hommes, des femmes et des enfants. Les températures sont maintenant très basses, il pleut. Tous ceux qui ont le pouvoir de changer cela s’en fichent complètement. S’occuper des pauvres ne rapporte pas de bulletins aux élections !
On voit parfois des projets qui se font, très médiatisés qui, une fois les journalistes partis, nous ramènent à ce qu’ils sont ; quelques places calquées sur ce modèle absolete qui laisse toujours autant de monde sur le carreau car il ne tient pas compte des changements de la société qui continue à fabriquer de la misère. Comme si les plus démunis étaient à enfermer dans le passé, a occulter encore et le petit projet lui était devenu l’avenir radieux. Les délaissés retournent à leur invisibilité, les politiques ont fait leur ba et les « consciences » peuvent passer à autre chose.
Aujourd’hui les attentats, les peurs qui poussent sur ce terreau de haine, emmènent les gens à parler de leur sécurité, de notre sécurité… La notre est-elle celle de tout le monde ?.
À Paris parmi les premières décisions prises, il y a eut la fin des distributions de repas. Elles sont rétablies en partie. En partie sans contrepartie… Pourquoi s’emmerder pour des pauvres ?.
A Strasbourg pendant que la majorité des gens était stimulée à s’inquiéter et à avoir peur des autres, de la circulation et du marché de Noël, quelques personnes se sont posées la question du devenir de centaines de personnes… Bien sûr, il y a les associations qui oeuvrent mais il était primordial de penser aux actions citoyennes qui se sont multipliées et répondent à de vrais besoins.
Tout pourra continuer ; c’est une bonne chose.
J’ai appris depuis toutes ces années que dès lors qu’un projet ou une action concerne les sans-domicile rien n’est acquis jamais.
Il suffit de voir ce qu’il se passe avec le marché de Noël. Les tonnes de réactions, les milliers d’avis d’experts n’ont pas empêché que soit enlevé au nom de « notre » sécurité la meilleure partie qui était prévue, le fameux off. Du partage, de la découverte, de la solidarité, des animations gratuites pour les enfants,…  Plus personne ne bronche et les marchands du temple sont satisfaits. Peluches made in china et vin chaud ont gagné. Ce qui a stimulé ce choix tient sûrement à quelques sombres calculs… Mais…
Je me réjouis dans tous ces bruits de participer à l’action hygiène et vestiaire. Je suis heureuse de l’implication qu’elle demande. Satisfaite par les rencontres et les échanges qu’elle a créé.
Je suis allégée, émerveillée par vous, par tous ces soutiens qui participent librement, avec ses envies, ses moyens, ses talents.
Demain c’est nous qui le construirons avec des actions citoyennes modestes mais justes et l’envie de faire ensemble. J’en suis convaincue.

Publicités