il y a un mois à strasbourg des bébés, des gens avaient faim

Un mois à passé depuis que nous avons lancé l’appel à l’aide pour que 45 bébés, des enfants en bas âge aient de quoi se nourrir… Un mois après et nous voilà avec 66 bébés ! Voilà la réalité de notre ville… 
Pendant que l’on tente de détourner votre regard avec des futilités, dans les angles il y a cette misère crade, cette misère profonde ; indigne d’une ville qui parade …
Il y a un mois l’élue en charge des « solidarités » disait, qu’il y avait peut-être quelques bébés non « enregistrés », mais que chacun étaient aidés, que tout allait à peu près bien. Il y a un mois, le campement des Remparts allait être évacué de ces « sauvages » qui n’avaient rien à faire là. Pour aller où ?

Il y a un mois on vous mentait et on faisait de nous tous les complices d’une non politique, d’une non gestion de cette misère.

Il y a un mois des enfants malades étaient laissés sans soin. Il y a un mois près de 200 personnes n’avaient pas d’eau et « on » était fier d’avoir posé 2 toilettes pour ces 200 personnes. Il y a un mois on laissait l’équipe des Restos du coeur, voisine du campement, se démerder, faire face à des gens qui voulaient juste un peu d’eau…
Il y a un mois, vous êtes plus de 300 personnes à avoir répondu à cet appel à l’aide ! ( https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-bebes-sans-abri-de-strasbourg )

Et c’est grâce à vous et à la presse qui a relayé, enquêté sur cette situation que nous pouvons aujourd’hui pour quelques temps prendre le relais de toutes les défaillances, de tous les dysfonctionnements, de tous ces manquements bureaucratiques et institutionnels, en étant simplement humain face à des humains.

Aujourd’hui, même le ccas envoie les familles et leurs enfants aux distributions, les associations officielles dirigent les personnes vers les distributions et les hôteliers également ; jusqu’où ces gens, ces élus vont encore nier le travail qui est fait, sans aide, sans subvention ? Jusqu’où vont-ils aller pour nous affaiblir, nous empêcher de tendre la main ? Combien de temps pourrons-nous faire face dans de telles conditions, car la distribution de hier soir, en plus des 66 bébés fournis en lait, couches, lingettes, c’est aussi plus de 300 repas… 

Valérie Suzan ainsi que tous les bénévoles actifs de S.A.S, toute l’équipe d’Action Hygiène et Vestaire ainsi que le Collectif SDF Alsace vous remercient

* rappel : SAS ne reçoit ni aide, ni subvention et n’a toujours pas de local pour travailler

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Nous ne demandons que l’accès aux droits fondamentaux

Nous suivons et diffusons chaque jour depuis plus des années l’actualité des sans-abri quelle que soit leur nationalité, des squatteurs et des mal-logés.

Rien ne vient des politiques nationales et localement nous en sommes à recevoir des miettes.

L’accès au logement demande un long temps qui nous épuise un peu plus chaque jour et nous assassine.

La liste des Morts de la rue est-elle notre seule issue pour en sortir ?.

Certains sortent de la rue pour rejoindre la cohorte des mal payés, des mal nourris. Ils restent fragiles et peuvent, au moindre incident, revenir à la rue, y retomber.

C’est toute la chaîne du logement et de l’hébergement qui est défaillante, mal pensée. Ça fait des années que cette situation dure et coûte pourtant un fric fou.

Le fric. Il y en a du fric, pour des gabegies, des rallyes automobiles qui enrichissent des coureurs riches, des ronds points, des ponts sans route, des routes payantes, les commerçants, les grands patrons, le cac 40, les résidences secondaires, les illuminations, les éco-quartiers réservés, les sapins de noël, …

Mais comment les miettes consacrées au « social »  sont-elles vraiment utilisées ? Ou est le sens du mot collectif ? C’est quoi la collectivité ? Ou va t-il ce fric ? Qui le contrôle ? …

Il existe une myriade de dispositifs, de commissions et rien ne fonctionne. Le fric file toujours ailleurs et nos vies avec lui.

La sémantique est-elle aussi détournée pour devenir folle. Plus rien n’a de sens profond.

Nous cherchons la source de l’humain, de la solidarité, de l’amitié, de la fraternité. En vain.

Ceux qui représentent les lois sont les premiers à les bafouer chaque jour et a les détourner pour le profit de quelques-uns. Ces quelques-uns nommés selon le cas : français, peuple, peuple de France, citoyens, habitants, …  Il s’agit bien de nous tous et pourtant nous savons que nous en sommes exclus…

Nous sommes citoyens et habitants, nous sommes du peuple.

Oui, nous aussi nous habitons.

Habiter sans les habitudes qui vous habitent. Notre différence à habiter est là. Elle est dans une pensée différente.

Pour vous habiter c’est un lieu et sa clef, vous tournez un bouton et la lumière nucléaire s’allume, vous tournez un bouton, eau chaude ou froide, c’est simple, c’est facile. Vous habitez votre frigidaire et toute sa bouffe entassée. De quoi vos garages et vos caves sont-ils remplies?. Vous habitez une succession de gestes, de tics répétitifs, d’habitudes.

Nous habitons les villes !

Le moindre coin, recoin, abri de fortune que vous abandonnez un temps aux sans fortune.

Hier, en ville, un coin d’immeuble a été nettoyé des sans-abris et de toutes leurs affaires. Les tourists peuvent arriver.

Trois personnes ont perdu leur coin, leur habitat.  Qui a remarqué cela ? L’élu en campagne pour le pouvoir, se demande t-il où sont passés ces trois habitants ?.

Nous ne crions pas au loup, nous n’avons ni grands mots, ni grandes phrases. Nous ne passons pas nos soirées à refaire le monde en buvant, en fumant, en musiquant, bien au chaud. Nous n’avons pas de projet révolutionnaire.

Mais la révolution c’est nous.

Oui, nous sommes la révolution, concrète et palpable. N’est-ce pas là que se cache la raison de vos rejets ?.

Nous refusons dans nos chairs ces discriminations ordinaires que vous nous faites subir, que vous nourrissez, en vivant sans changer radicalement votre pensée. Vous êtes dans une perpétuelle contradiction que vous refusez de voir. Vous vivez entre-vous, bien serrés, en ne laissant aucune place aux réels changements.

Nous sommes la révolution, car la peur nous a quitté. C’est le commencement.

 

 

Le 24 c’était le jour de trop

Il y a des jours qui ne devraient pas être. Tu te lèves en forme, heureuse, tu t’actives. Cette énorme vaisselle pourrissante dans l’évier disparaît, la lessive qui traîne disparaît dans la foulée, du rangement. Et puis, tu passes à l’écriture. Un petit texte, une marmonerie qui doit absolument être extirpée de toi. Tu ne cherches pas la cohérence, il n’y en a pas, tu craches ton petit paquet. Tu es au paradis, dans le jardin, le soleil te caresse. Le petit déjeuner arrive ; tant de tendresse dans cette divine crêpe, le jus d’orange pressé. J’ai fait une photo. Quelques mots échangés, une plaisanterie, la relecture de ce texte. C’est fou, 8 heures de délice sont passées… Soudain, alors que le soleil monte à son zénith, alors que tout ton corps s’accorde avec ton esprit pour la détente, l’orage explose. JE, est devenu celle à abattre, à humilier, à écraser. Je dis trop, je dis mal, je suis trop et mal. JE, est devenue celle dont on se tient éloigné, la mise à l’écart, INVISIBLE, à l’autre bout, tenue loin. Je pars dans le silence du moi. Je me tais. J’attends de pouvoir prendre le large avec l’idée obsédante de « remplir mes obligations », éviter de répandre ce mal de l’autre autour de moi. J’attends de pouvoir disparaître.

Adrien m’a dit qu’il y avait chez les gens ce mépris qui reste, celui de ce JE, celui d’avoir été une sdf. Moi, je veux échapper au monde tel qu’il est.

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Ça ne me quitte pas et puis, il y a l’actu du réseau !

Je n’arrête pas d’y penser, c’est là et sans être obsédant, je dois l’extirper de moi. Ça vient de loin, d’avant et de toujours, depuis des années. Je dois l’extirper sinon je rumine.
Je dois absolument le partager avec vous, même confusément, même en fatras. Est-ce que j’espère un retour ? Certes… Pouvons-nous faire de ce réseau social autre chose que le déversoir de nos frustrations, désirs, peines, joies, bouffes, apéros, questions, photos floues, … ?. Et tous ces experts en politique, fric, buzz ?. Et toutes ces bonnes âmes qui aident leur prochain ?. … Que savons-nous exactement de notre proche environnement ?.
Avant-hier, je ne suis pas allée à une réunion
En déplacement, choix d’un train qui convienne à mon rythme de vie, agressions verbales de monsieur « je sais tout », ennui annoncé, la militante qui est de tous les combats, mais reste déconnectée de ta réalité et de celle de tant de personnes, toujours dans le calcul « politique » ; une réunion essentielle dont l’essentiel ne sera pas. Pourtant des professionnels du prochain seraient là et pourtant j’apprécie leur parcimonieux partages de nouvelles.
Si je pariais avec moi-même, je crois bien, que je m’étoufferais sous des montagnes de chocolat qu’une vie ne suffirait pas à manger mais que je partagerais avec tous du coup !.
Strasbourg a tué la poésie
La poésie et son petit air « sauvage », son goût léger de liberté, l’envie soudaine de faire une balade, de simplement se poser sur un banc et rêver.
Strasbourg a peur, elle est sale et la nuit, des gens bizarres circulent … Je l’ai lu sur les réseaux.
Voilà l’image que quelques personnes diffusent, certaines y croient peut-être, beaucoup se répandent sur le sujet, tous ont un avis. Derrière ce genre d’image c’est un quartier qui est visé. Souvent proche d’une gare, « on » y a concentré les associations « d’aide », d’« accompagnement » pour les personnes précaires. La ville a toujours exclu, repoussé, parqué, canalisé jusqu’à ce que les riverains arrivent avec des revendications. Avec la pluie, le riverain est l’ennemi du pauvre qui est visible, parce que celui qui est « invisible » on peut encore le supporter. Le riverain veut vivre avec du beau sous les yeux, le sien, car le pauvre n’a aucun goût, aucune idée du vivre ensemble, le pauvre n’est rien. Le riverain milite vraiment beaucoup pour le beau, le bon, le partage : contre les pauvres visibles, les crottes de chiens, les mal garés, le bruit du voisin, celui de la rue, l’écologie, le vivre ensemble, la démocratie et toutes ces images, … Le riverain milite contre la vie légère, mais pour le bien du collectif. Tout doit être ainsi qu’il le décrète avec parfois beaucoup de compassion d’ailleurs pour le pauvre. C’est rare parce qu’il faut bien l’avouer, le pauvre et le vivre ensemble c’est difficile à unir. Dès qu’une discussion est lancée, il y en a qui nomment cela une polémique, arrivent alors les « supers riverains ». Le super riverain est terrible ! Celui-là, a un bien ; un commerce, une boutique, un héritage ou simplement un nom. Et là, avec ce soutien de poids arrive, immanquablement « l’élu ». Pour les pauvres qui ne savent pas toutes les étapes, la fureur, la haine, le rejet, le dégoût exprimés librement sur les réseaux, lorsque la sanction arrive, ce n’est jamais une surprise.
Quand tu es un habitant méprisé de Strasbourg chaque jour, tu vis ce mépris jusqu’au plus profond de ton âme, alors une saloperie de plus, ça ne se compte plus ; mais ça fait mourir lentement, ça touche au cœur, ça brise l’espoir. Tu sais que ta ville se construit, s’urbanise, se développe sur le vivre ensemble, devient inclusive, …, mais sans toi.
Chaque jour, tu dois te taire, ou alors tu dois dire autrement, tu remercies pour l’aumône, baisse les yeux. Alors qu’en réfléchissant un peu, notre seul tort dans cette ville est d’être pauvres et d’être prisonnier de cette misère, prisonnier d’inconnus qui font de ta vie de misère ce qui peut les enrichir.
Alors, déconfusénons-nous et venons-en à cette réunion où je ne suis pas allée.
Des choses formidables ont été faites et la preuve, regardez, tout (TOUOUT) l’argent que nous avons dépensé ; suivent des bilans, des chiffres, des camemberts, des nombres qui sont difficiles à trouver, à vérifier ; c’est par ci et par là, par petites touches dans des administrations, des sites éclatés, sous un onglet planqué. A Strasbourg la transparence est un crédo très respecté mais la cohérence du regroupement des infos n’est pas dans l’article alinéa 2, ni 3, ni rien. Nulle part ; pauvres et informations relégués ensemble dans le néant.
Mais je m’égare. A cette réunion, devant des militants, il a été dit ceci : « on ne va pas dépenser plus pour ces gens-là », Niet, il n’y aura ni petit déjeuner, ni déjeuner pour le projet d’accueil de nuit, les horaires d’ouvertures des lieux sont à la convenance des associations, … Un militant « nous pourrons héberger pour DEUX mois », même les élus ont trouvé ça un peu juste, allez va pour six !. En six mois le pauvre devra rentrer dans le cahier des charges qui porte bien son nom de « charge », il rentrera dans un rythme pensé par des militants et des élites. Il deviendra derrière les bons sentiments une charge en règle contre le pauvre, contre la démocratie.
Le puzzle.
C’est la seule image qui me vienne à l’esprit. Un bout de toit pour quelques mois pendant que le suivant attend. Pour manger il se démerde avec les distributions de rue, si les horaires entre le réveil dans un lieu et l’ouverture d’un lieu à petit déjeuner ne coïncide pas, il faudra penser à le signaler, l’été les associations ferment et l’hiver une multitude de maraudes se créent. Pour les papiers il faut de plus en plus être connecté, vous avez vu ces SDF et leur téléphone ?.
Qui es-tu toi que l’on désigne sous trois lettres pour que tout ce qui concerne ta vie soit décidé par d’autres qui te méprisent, ou qui ont pitié ou par des ambitieux ?.
Monique Maitte
24/05/2017

Parlons des bébés sans-abri

Strasbourg est une ville de « flux migratoires » ; voilà ce qu’il se dit en réunion. Ce qui n’est pas clairement dit c’est que nos institutions ne souhaitent pas que les familles s’installent… Alors l’accueil est loin de « l’humanisme » dont on entend parler.

Chaque jour des primo-arrivants viennent, des familles principalement, une trentaine par semaine environ. Ils arrivent d’Allemagne où ils ont été déboutés, de Paris, Lyon, Calais, …, partout où les campements sont « délogés ». Ils n’ont rien, ils sont totalement démunis.

Tant que les familles ne sont pas passées à la CO.D.A (coordination des demandeurs d’asile) elles ne reçoivent aucune aide ; rien. Pour les bébés ; rien, pas de lait, pas de couche. Nous savons que le resto du cœur bébés a peu de stock et ne distribue qu’aux familles enregistrées en préfecture et pour les enfants de moins de 18 mois. La demande peut prendre des semaines, jusqu’à plusieurs mois.
–> A ce jour nous avons 25 familles qui ont décidé de rester à Strasbourg, soit entre 35 et 45 enfants, le plus jeune à 2 mois .

Alors, n’attendant rien des institutions nous avons lancé un appel aux dons pour du lait et des couches et lancé une cagnotte. Encore une fois, les gens sont là et nous soutiennent. Vive les mouvements citoyens !

MM pour SDF Alsace

La cagnotte :

https://www.leetchi.com/fr/Cagnotte/19672986/fe593d72

Jouer le jeu

Jouer le jeu c’est une expression sympathique qui aide à tuer l’esprit critique
Jouer le jeu et ne rien déranger de cet ordre établi ;
Jouer le jeu et faire taire les doutes ;
Jouer le jeu et oublier ses principes ;
Jouer le jeu c’est se soumettre, c’est accepter des pratiques médiocres, contraires à « l’éthique », souvent officieuses. Jouer le jeu c’est fermer les yeux sur l’inacceptable.
Au bout du compte, jouer le jeu c’est servir des intérêts à courte vue, ne pas dénoncer, taire. Jouer le jeu c’est donner le pouvoir à l’arbitraire…

Des écoliers comme les autres ?

Hier soir après une paella vertigineuse, un régal, alors que nous discutions tranquillement, nous avons constaté que « chez Papy » avait la visite envahissante de familles. En fait elles attendaient la maraude pour un hébergement.
Pourquoi n’êtes-vous pas à la gare ? Que faites-vous là ? Pourquoi venir « chez » les personnes sans-domicile, là où elles devront passer la nuit sans solution ?. Finalement elles sont allées attendre place Kléber, de l’autre côté du passage à Papy et Jipé.
L’heure tournait, il était plus de 20 heures et les enfants commençaient à s’énerver à attendre dans le froid et le vent, ils criaient et pleuraient. Un peu agacés et inquiets, nous avons fait le 115.
L’écoutant nous a dit que la maraude avait donné ce rdv là, qu’elle était à Schiltigheim et qu’il lui fallait le temps d’arriver. En attendant nous avons discuté avec eux. Papy à offert les parts de tarte au fromage aux enfants qui se sont calmés en dégustant.
Peu après 21 heures la maraude des Restos du Coeur est arrivée. Une camionnette et une voiture, quatres personnes. Jeunes et très agréables.
Le repas proposé n’était qu’une soupe plutôt palichonne et du café.
Pendant que trois discutaient servaient, prenaient des nouvelles, une jeune femme s’occupait de noter les noms pour ensuite trouver une place d’hébergement. Les familles en priorité, puis les trois femmes isolées et les hommes. Nous avons attendu, lorsque les familles et les femmes ont obtenu une place nous sommes retournés dans le passage.
Quelle ne fut notre surprise de voir la camionnette s’arrêter près du passage après, car toutes ne le font pas. Papy les a accueilli en leur expliquant que nous avions très très bien mangé, grâce aux jeunes du CSC Hoenheim et que nous n’avions besoin de rien. Ils ont quand même pris le temps d’échanger quelques mots et de voir si tout le monde allait bien. Bref, en plus de sympathique, une bonne équipe ! Ils sont partis vers la gare pour continuer leur tâche.
Même si les familles ont plus de chance d’avoir une place en hébergement que n’importe qui, même si tous avaient mangé au restaurant, même si leurs vêtements étaient de marques, nous nous sommes demandés ce que ça faisait d’être un enfant et de grandir avec cette incertitude du couchage, cette attente de la maraude chaque soir…  Et ce matin, ils se lèvent de bonne heure pour devenir des écoliers comme les autres ?!
Mô Maitte – sdf Alsace

Plus d’aide aux familles avec enfants

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Le CD du Bas Rhin ne souhaite plus verser les subventions aux associations qui hébergent des familles avec enfants. Il estime que ça n’est pas de son ressort et renvoie la balle à l’État. L’État n’a plus de sous ou du moins, ça n’est pas sa priorité d’augmenter ce budget là. Conséquences : Plus de familles à la rue ou moins bien logées/accompagnées. Puis des plans sociaux dans le social ou des « plans de sauvegarde de l’emploi » comme ils disent dans le jargon. (olivier K)

Témoignage. On a fait le 115 pour un mec et…

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Ça faisait presque une semaine que Roland, Jipé et Adrien avaient cet allemand paumé sur le dos, qui venait d’arriver à Strasbourg.
Vendredi, après un signalement la maraude était passée avec une seule couverture et une nuit aux remparts.
Chaque jour il disparait en laissant ses affaires derrière lui. Ce qui n’est pas correct car c’est à chacun de garder son barda. D’ailleurs il a immédiatement perdu des couvertures à ne pas y faire attention.
Le gars ne fait aucun effort pour communiquer, pour se débrouiller un peu, il est incapable de survivre dans ces conditions.
Nourrie, logé, habillé par des sans-abri, avouez qu’il faut le faire.
Pourtant il se ballade avec un badge autour du cou, sur lequel est écrit Caritas.
Bref.
Hier soir, rebelote, le voilà qui se pointe, ni bonjour, ni rien, il se met dans son coin.
Je vais le voir, lui demande si il fait au moins le numéro du 115. Jipé me tend son téléphone et je me retrouve à discuter avec une écoutante très sympa.
Elle connaissait déjà le loustic…
Bref.
Une semaine au château d’eau.
Pardon ? Je lui ai demandé de répéter une deuxième fois.
Une semaine au château d’eau.
Il a fallut être derrière lui pour qu’il bouge rapidement car il y avait une heure précise pour arriver. Grâce à Jean-marc qui faisait la traduction en allemand, tout lui est expliqué, le chemin, les délais…
Il refuse de prendre ses couvertures, trop lourd dit il. Le mec qui est immense ne veut rien porter.
Bon sang, une semaine au château d’eau alors que ça fait des mois que Jipé veut y aller. On est là, un peu abasourdis. On regarde Jipé qui accuse le coup.
Et voilà que le mec se pointe, tranquille, pas stressé pour que je lui confirme le chemin.
J’ai souhaité que ses deux couvertures restent là tellement le mec est bizarre.
J’espère qu’il a été au château d’eau.
J’espère ne pas le revoir. Si c’est le cas, ses couvertures seront données et dans une semaine, peut-être devra t-il comprendre que dans la rue on ne lâche pas ses couvertures.
Putain ! Une semaine au château d’eau.

APPEL AUX DONS DE PRODUITS D’HYGIÈNE STRASBOURG

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Notre action auprès des personnes très précaires rencontre, malheureusement, un grand succès… Plus de monde et donc plus de besoins.
Notre stock en produits d’hygiène est au plus bas et nous comptons sur votre générosité.
🔼mousse à raser (épuisé)
🔼déodorant (épuisé)
🔼gel douche
🔼dentifrice
🔼mouchoirs
Merci de soutenir tout-e-s ces personnes. N’hésitez pas à partager cet appel.

CONTACTS
Groupe FB Action hygiène et vestiaire
Collectif SDF ALSACE: collectifsdfalsace@gmail.com
Monique Maitte: maitte.monike@gmail.com
0633290642